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Obésité infantile, constat et prévention

Le 14 janvier 2014 par La rédaction dans Particuliers


On considère l’obésité comme une maladie chronique, c’est-à-dire une maladie qui s’installe dans la durée, qui évolue progressivement, qui est difficile à faire régresser. De ce fait, auparavant, seules les personnes les plus âgées de la population française étaient touchées de manière significative par l’obésité, et les enfants n’étaient quasiment pas concernés. Mais, les modes de vie et de consommation évoluant, on a vu apparaître une obésité infantile, qui touche désormais un nombre bien trop grand d’enfants en France.

Les chiffres de l’obésité infantile en France

enfant-lecture-collectiveL’obésité est considérée comme une épidémie par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), et en France, la progression de l’obésité chez les adultes est constante. Les dernières enquêtes sur le sujet permettent d’évaluer l’ampleur du phénomène. Tous les trois ans, l’enquête ObEpi-Roche présente une estimation de l’évolution du surpoids et montre des courbes en augmentation régulière.

Le manque de précision de cette enquête, réalisée par téléphone, peut être corrigé en partie par les chiffres de l’enquête ENNS (Enquête Nationale Nutrition Santé) réalisée en 2006 pour le compte du Ministère de la Santé : celle-ci s’appuie sur des mesures de la taille et du poids des personnes par des personnels de la profession médicale. Or elle montre clairement une sous-estimation de 4,5 % par l’enquête ObEpi-Roche de la proportion de personnes souffrant d’obésité.

L’enquête ObEpi-Roche 2009 est l’estimation la plus récente : elle note une proportion de 14,5 % de personnes obèses en France. Cela confirme l’augmentation régulière de l’obésité dans notre pays. De plus, ces chiffres permettent d’estimer une progression de l’obésité de l’ordre de 0,7 % par an, ce qui représente chaque année 60.000 personnes supplémentaires souffrant d’obésité.

N’oublions pas que les résultats de cette enquête sont sous estimés : si on les corrige d’après l’écart constaté dans les enquêtes précédentes, on arrive à une estimation du nombre de personnes obèses proche des 20 % en France.

En ce qui concerne l’obésité infantile en France, il y a encore trop peu de chiffres, mais ceux-ci ont néanmoins considérablement évolué. Si, dans les années 60, la prévalence (nombre de cas estimés) des enfants obèses ou en surpoids, âgés de 5 à 12 ans, est de 3 % en France, vingt ans plus tard, en 1980, on s’aperçoit que le chiffre a doublé. Malgré ce constat, pédiatres et médecins généralistes s’intéressent encore peu à ce phénomène. Il faut attendre 1990, et des chiffres annonçant 10 % d’obésité chez les enfants, pour que le problème soulève l’attention, et que des actions soient mises en place.

Les chiffres les plus récents semblent montrer une certaine stabilité de l’obésité, à un niveau qui reste élevé. De plus on note toujours une progression pour les populations défavorisées. L’étude Drees, organisme qui dépend du ministère de la Santé, a publié des résultats qui paraissent encourageants, avec un niveau de surpoids qui passerait de 14,4 % (dont 3,4 % d’obésité) en 1999-2000 à 12,1 % (dont 3,1 % d’obésité) en 2005-2006. Cette enquête a cependant ses limites : elle s’appuie sur un panel réduit d’enfants, une classe d’âge limitée, et date de plusieurs années même si sa publication n’a eu lieu qu’en septembre 2010.

Les conséquences de l’obésité sur la santé

Stock ImageL’obésité est une maladie difficile à vivre, car, en plus des difficultés physiques qui l’accompagnent, elle est vécue comme stigmatisante. Aujourd’hui encore, les causes de l’obésité restent mal connues. On sait que certains individus sont prédisposés génétiquement et biologiquement, mais de nombreux facteurs d’obésité sont aussi liés à l’évolution des modes de vie : sédentarité, alimentation, stress, manque de sommeil… De même, la responsabilité des polluants et des perturbateurs endocriniens auxquels chacun est quotidiennement exposé est clairement identifiée. Mais, si l’on commence à mieux cerner les causes multiples de l’obésité, un traitement efficace est toujours recherché.

L’obésité infantile est inquiétante car on estime que 2 enfants sur 3 souffrant d’obésité resteront obèses à l’âge adulte. Or, les études semblent montrer qu’une obésité apparue durant l’enfance est cause d’une surmortalité à l’âge adulte estimée entre 50 et 80 %. Ce risque de décès prématuré s’explique notamment par une augmentation des facteurs de risque parmi lesquels ont trouve le diabète, l’hypertension artérielle ou l’excès de cholestérol… Ainsi, 42,5 % des adultes en surpoids ou obèses présentent au moins l’un de ces facteurs de risque contre 18,6 % chez les adultes de poids normal. Et associés, ces pathologies constituent des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires (infarctus ou AVC).

Chez l’enfant obèse, une augmentation de la pression artérielle, du cholestérol ou une hyper insulinémie peuvent apparaître assez tôt. Pour ceux présentant une obésité sévère, il y a risque de pathologie orthopédique. Enfin, chez l’adolescent, l’obésité peut entraîner des troubles endocriniens (puberté précoce ou aménorrhée) ou des cas de diabète de type 2 très précoces. Il faut donc rester vigilant en matière d’obésité infantile, car si l’hérédité joue un rôle à l’échelon individuel, la sédentarité et la mauvaise alimentation en restent les principales causes au niveau collectif.

Conseils pour limiter les risques d’obésité chez l’enfant

De nos jours, il est possible de suivre de près les courbes de croissance du jeune enfant, par le biais du carnet de santé, qui permet de noter le poids et la taille de l’enfant, à chaque visite chez le médecin, ou à chaque fois que vous le souhaitez.
Ces courbes permettent de situer l’enfant par rapport à des critères de croissance généraux, pour savoir s’il se trouve dans une tranche de taille ou de poids plutôt faible ou élevée. L’indice de masse corporelle (IMC) est un premier indicateur, qui doit vous alerter en cas de variation soudaine, dans un sens comme dans l’autre.

Certaines périodes présentent des risques d’apparition de surpoids : c’est le cas aux alentours de 7 ans. Cet âge correspond à un rebond d’adiposité, avec une prise de poids chez tous les enfants. Si ce rebond survient plus tôt, le risque d’avoir des problèmes de poids durables est plus important.

Il existe cependant des moyens de prévenir le surpoids et l’obésité chez l’enfant. Lorsque le risque d’obésité est détecté suffisamment tôt, il est possible de mieux contrôler la prise de poids, et d’enseigner à l’enfant de bons reflexes alimentaires, qui constituent tout simplement le cadre de toute alimentation équilibrée :

Alimentation équilibrée et lutte contre l’obésité infantile

L’alimentation joue un rôle essentiel dans la lutte contre le surpoids et l’obésité des enfants. C’est le plus tôt possible qu’il faut apprendre aux enfants à manger sainement, à apprécier des aliments variés et à limiter les aliments trop gras ou trop sucrés.

• manger des fruits et légumes, crus ou cuits, tous les jours ;

• inclure des féculents à chaque repas, selon l’appétit (au petit déjeuner, éviter les céréales trop sucrées) ;

• consommer du lait et des produits laitiers 3 à 4 fois par jour ;

• consommer de la viande, de la volaille, du poisson, ou de l’œuf chaque jour, mais en quantité moindre que les légumes ;

• limiter les produits sucrés (pâtisseries, viennoiseries, crèmes desserts, chocolats, glaces) et supprimer les boissons sucrées et les sodas ;

• boire de l’eau, à volonté ;

• réduire la consommation de sel ;

Les pouvoirs publics ont tenté d’encadrer et de limiter les publicités pour les sodas ou les produits sucrés qui ont la faveur des enfants pour le petit-déjeuner ou le goûter. Mais c’est aux parents de contrôler l’alimentation des plus jeunes, de leur apprendre à manger sainement, sans pour autant faire l’impasse sur le plaisir.

Enfin il est essentiel, dans la lutte contre le surpoids et l’obésité de l’enfant, de favoriser la pratique d’activités physiques. Pour la plupart, les enfants aiment jouer et se dépenser : incitez-les à faire du vélo, jouer au foot, courir, aller à l’école à pied… Et au contraire, limitez autant que faire se peut les activités sédentaires, la télévision, les consoles de jeux, l’ordinateur.

Pour plus d’informations, rendez vous sur bienmangerpourmieuxvivre.fr

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